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 Inspiré de "Path of fire and light" de Swami Rama et avec mes ajouts personnels.

Sur le plan physique, les rétentions du souffle (kumbhaka) tonifient le coeur, permettent un meilleur (plus long, plus proche) contact de l'air inspiré avec le sang veineux circulant dans les capillaires des alvéoles pulmonaires. Par conséquent, elles permettent un meilleur échange des gaz (notamment oxygène, gaz carbonique) dans les alvéoles et créent une pression bénéfique dans toutes les parties inutilisées des poumons.

Je souligne l'importance de la mise en contact air-sang dans les capillaires. Elle est absente dans une respiration trop rapide et superficielle. La mise en contact doit durer, ce qui a lieu au cours de respirations ralenties ou de rétentions et doit exercer une pression supérieure à la normale, quoique restant confortable. Pour les débutants je préconise les respirations ralenties au lieu des rétentions.

Patanjali (yoga traditionnel) décrit 4 types de rétentions. Dans la première, l'air est retenu à l'extérieur des poumons. C'est la rétention à vide. Dans la deuxième, l'air est retenu à l'intérieur des poumons. C'est la rétention à plein. Ces deux sortes de rétentions sont voulues et nécessitent un effort. Les troisième et quatrième types de rétentions ne sont pas à la portée des débutants et découlent d'un entraînement sérieux. Elles sont appelées kevala kumbhaka, suspension des souffles. La troisième forme de rétention se produit lorsque le pratiquant en a l'intention (c'est la seule forme d'effort). Le souffle s'arrête de lui-même sans aucun effort physique. La durée de la suspension des souffles est déterminée par le niveau d'entraînement. Plus on est avancé, plus ça dure longtemps. Vous pouvez expérimenter cette troisième forme en fin de cours de yoga après la demi-heure de respirations. Au lieu de tout de suite bouger et s'agiter mentalement, soyez attentif à la respiration naturelle. Il se peut qu'elle soit suspendue. Restez ainsi attentif et sans pensée pour le temps que cela dure sans effort de votre part. La quatrième forme est l'arrêt respiratoire après quelques respirations, sans aucune intention, ni aucun effort.

Au début, le pratiquant débutant voit d'abord naître et augmenter la chaleur interne. Celle-ci provoque une perspiration, voire une transpiration profuse. Il y a deux façons de traiter la transpiration. Si l'on est un débutant (la plupart d'entre nous) dont le corps physique et les nadis (canaux subtils) ne sont pas purifiés, il faut essuyer la sueur avec une serviette. Il ne faut pas prendre de bain juste après une séance car cela annihile les effets bienfaisants qui perdurent encore une heure après. Une sueur impure comporte des déchets, des toxines, c'est pourquoi on évacue ces impuretés en s'essuyant. Si notre corps physique et nos nadis sont purifiés, on se masse afin de faire rentrer la sueur dans le corps. Une sueur pure comporte des sels minéraux, des oligo-éléments que l'on essaie de faire retourner à l'intérieur du corps. Cela le renforce. 

Les personnes qui ont habituellement les pieds et les mains moites doivent encore se purifier, à la fois physiquement et émotionnellement. Le précédent Kalou Rimpotché disait que le système des nadis doit devenir sec comme de la paille sèche de manière à pouvoir facilement y mettre le feu. La chaleur interne qui se déploie par la pratique correspond à ce feu. Chaleur et transpiration sont les deux étapes incontournables qui nous concernent directement.

La suite s'adresse à des pratiquant plus avancés. Durant la troisième forme de rétention, les respirations sont suspendues et parfaitement maîtrisées. Cependant le corps peut frémir, trembler, avoir des sursauts nerveux..., autant de signes que la purification des nadis n'est pas terminée. Il reste à stabiliser les souffles à l'intérieur des nadis. Lorsque les nadis sont purifiés, ces effets nerveux cessent. Durant cette période, des hallucinations, visions et expériences diverses peuvent aussi survenir. Elles résultent d'une excitation du système nerveux. Lorsque le système nerveux est purifié et fonctionne correctement, ces visions cessent et le mental peut enfin se stabiliser. Bien que ces visions soient une indication de notre persévérance passée, elles n'ont aucune valeur intrinsèque et l'on ne devrait pas s'y attacher. Un pratiquant sérieux se garde bien d'appeler et de poursuivre ces expériences aléatoires et illusoires, mais reste centré sur la recherche de la vérité fondamentale.

Des sons entendus dans la tête et induits par la pratique des pranayamas sont causés par l'afflux de sang dans les veines, artères et capillaires. Ils signalent une légère congestion. Quand cela se produit, il est conseillé de ralentir et adoucir la pratique. Il est alors préférable de pratiquer par séances plus courtes et plus nombreuses. Ce défaut n'est pas définitif mais doit être raisonnablement pris en compte. Ces bruits disparaîtront lorsque les nadis sont purifiés.

Pour résumer l'apparition progressive des bienfaits des pranayamas :

- augmentation de l'oxygénation du sang et regain de vitalité

- détoxification et purification du corps et des nadis

- augmentation de la pression énergétique dans le système des nadis ayant des effets énergisant, euphorisant et tonifiant

- à l'étape finale, les souffles et l'esprit sont fin prêts pour se stabiliser à l'intérieur du canal central, début de la progression spirituelle.